Comment exprimer ses compétences et déduire les connaissances cachées ?
     

Dossier de validation du niveau bac +3 au doctorat

 
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Si vous souhaitez valider les acquis nés de vos expériences sur un doctorat, adressez au Directeur du département des Études Doctorales de l'Université sélectionnée (consultez l'annuaire des écoles doctorales) :
- un CV très détaillé (une biographie raisonnée) précisant vos expériences professionnelles surtout en matière de recherche et vos productions scientifiques et techniques ;
- un courrier de motivation ;
- une notice synthétique présentant vos travaux d'expertise d'envergure (c'est-à-dire à la frontière des savoirs les plus avancés), vos recherches (déjà effectuées, contrairement à un étudiant) avec rédaction d'un mémoire d'acquis de la recherche, vos autres publications nationales ou internationales (avec comité de lecture), vos directions d'ouvrages, la liste de vos communications, colloques et conférences ;
- comme pour les autres candidats à la VAE, annexez les documents probants ;
- une proposition de thèse. Vous réaliserez un rapide état de l'art, puis expliciterez les intérêts du thème de votre étude en explorant des points de vue différents.
En quoi votre idée est-elle un prolongement évident de l'état des connaissances ?

Nous pouvons vous orienter vers une école doctorale et vous suggérer des directeurs de thèse. Contactez-nous.

 
     
Comment faire émerger les compétences implicites des experts ?
 
 
















































































 
La question se pose, car la compétence c'est d'abord savoir agir, en situation. Hors situation elle est invisible. En observant un technicien dans son atelier, un chercheur dans son laboratoire, on s'aperçoit qu'ils en savent beaucoup plus que ce qu'ils sont capables d'écrire.

Les candidats sont vite confrontés un écueil. La VAE s'appuie sur une culture de l'écrit, or exprimer par écrit ses compétences pour révéler le contenu et le niveau de ses acquis ne va pas de soi, les relier de façon explicite au diplôme non plu.

Votre lecteur (le jury) est lui, confronté aux limites de son interprétation lorsque le travail de mise en pertinence (rédaction du livret de validation) n'est pas réussi.

Les compétences nécessaires pour dire et écrire ne sont pas les mêmes que celles mobilisées pour faire. Sans la réduire à un phénomène purement linguistique, plus le niveau de diplôme visé est élevé, plus la VAE s'ancre dans le langage. De fait, elle oblige à un changement d'expression et donc de regard sur son travail.

Ne commettez pas l'erreur faite par beaucoup de candidats qui n'évaluent pas le travail à fournir et préfèrent présupposer que le jury sait, donc il devine.
C'est vrai pour des diplômes où les compétences sont faciles à repérer et évaluer, mais c'est loin d'être toujours le cas, notamment les diplômes universitaires. Si vous ne savez pas verbaliser, contextualiser vos expériences et justifier vos pratiques, le jury considérera que faute d'information suffisante, il est dans l'incapacité de valider intégralement vos acquis.


Une problématique exemplaire de la VAE

Monsieur V. est responsable depuis 30 ans de la maintenance d'une chaine logistique d'une grande entreprise pharmaceutique. Il en connait parfaitement le moindre rouage. Hélas, il tombe malade et est hospitalisé. Pendant son absence, le tunnel de rétraction tombe en panne. L'atelier de maintenance est incapable de réparer. Les interventions difficiles sont habituellement confiées à Monsieur V. Une délégation va le voir à l'hôpital. Le malade explique comment s'y prendre, sur quoi il faut porter son attention. Ils repartent contents de ses explications. Sur place, ils ne réussissent toujours pas à réparer. A son retour de l'hôpital, Monsieur V. reprend le travail et sans problème, il conçoit le plan d'action et répare le tunnel...
En l'observant, on constate qu'il sait où se focaliser. Il s'intéresse particulièrement à tel mouvement, à tel défaut partiel, etc. Toute une série de micro-opérations qu'il n'a pas pu expliciter et qui révèle la subtilité avec laquelle il saisit les relations entre les attributs d'un problème.
D'autre part, il fait comprendre les sous-problèmes engendrés par les concepts de solution proposée.
Il est entrainé à avoir une image clinique de la situation. Cette perception experte n'est pas simple à exprimer dans un dossier de validation.


Ce qui est vrai pour un technicien est vrai pour un ingénieur. A lire le guide méthodologique sur son savoir expert, ses subalternes constatent qu'il est criblé d'omissions.
Ce que n'ont pas su faire les collègues, visitant monsieur V. à l'hôpital, c'est l'interroger finement.

- Comment faire apparaitre au jury le niveau d'expertise de Monsieur V ?
L'expert a souvent perdu depuis longtemps les règles apprisent en début d'apprentissage, voire il ne les utilise plus (phénoménologie).
Ce sont les questions de l'accompagnateur VAE qui permettent au candidat de mettre des mots sur ses représentations difficiles d'accès.
Si l'accompagnateur arrive à se représenter la situation, le jury se la représentera.
Ce sont les savoirs dire et écrire qui sont privilégiés dans un parcours VAE.


Comment distinguer un expert d'un autre professionnel ?

Il existe deux types d'experts.
- Celui qui effectue avec succès une tâche, une activité, une mission mieux et plus rapidement que d'autres ayant les mêmes fonctions. Le candidat explicitera des indicateurs illustrant et mesurant cette aisance.
- Celui qui effectue avec succès une tâche, une activité ou une mission complexe, problématique ou très inhabituelle.
Questions :
- Que faites-vous de différent par rapport à vos collègues ou confrères ?
- Que faites-vous de façon automatique ?
- Quelles sont les modifications (parfois minimes) qui font la différence ?
- Qu'est-ce qui dans l'utilisation particulière de vos savoir-faire, crée de la valeur, est innovante ?
- Que mobilisez-vous de vos connaissances et comment dans les situations exceptionnelles ?

Le professionnel expert construit au fil du temps des représentations et des modes de traitement spécifiques à son domaine d'activité. Il améliore ses pratiques par "oscillation progressive" vers un objectif idéal que le candidat à la VAE pourra définir.
Sa longue pratique a développé en lui une intuition qui lui permet d'anticiper les difficultés et résultats en partant de très fins indicateurs. Il fait ainsi l'économie de temps, car il va de suite à l'essentiel n'hésitant pas à diminuer les informations nécessaires et les étapes des processus de diagnostic et de recherche de solutions.

Il sait relier les situations nouvelles aux situations déjà rencontrées. Cette aisance lui permet de formuler rapidement des hypothèses de repérer les points problématiques, les contraintes et d'anticiper les répercussions.
Il y a souvent des écarts significatifs entre les pratiques prescrites officiellement et les pratiques effectives de l'expert, car il a développé des approches et des interprétations singulières.
Il n'est donc pas simple pour un candidat expert, d'exprimer par écrit ses pratiques dans le dossier de validation, car il doit reconstruire des schémas que sa longue expérience peut avoir rendu invisible.
Posons le problème :
- "Qu'est que le candidat expert fait de différent de ses collègues ? De ce qui est référencé dans le diplôme visé ? "
- "En quoi votre grande habitude aide à mieux compenser les manques, mieux identifier et répondre aux attentes ? "


On peut dire que plus le niveau du diplôme visé par le candidat expert est élevé, plus il maitrise un schéma de cohérence élevé et plus l'accompagnateur doit l'aider à exprimer la passion qui transcende les connaissances. Le dossier de validation doit révéler cette maitrise.


Comment récolter les connaissances expertes et les verbaliser
dans le dossier de validation ?

Explicitation du TALENT, de l'ART, du style


Dès le niveau bac+5, certains candidats place la barre très haut, plus haute que les étudiants.
Dans la forme, rien ne distingue un dossier de validation d'un candidat visant un Master 2 de celui d'un candidat visant un Bac pro. Seuls, le maillage des informations descriptives à fournir au jury se resserrre et se précise et les analyses s'approfondissent. Le plan peut rester le même (Voir le schéma ci-dessous).
Les questions génériques posées en pages précédentes restent donc valables. Est générique ce qui repose sur l'organisation structurelle de toutes les expériences humaines.

La posture intellectuelle reste aussi la même. On peut la résumer ainsi : vous enseignez à des enseignants. La qualité de votre "enseignement" indique le niveau de vos acquis. Cela implique que vous fassiez référence à un certains nombres de textes fondateurs (réflexions sur le métier, auteurs de référence, lois,...)

Pour réussir cet exercice, nous posons prioritairement des questions descriptives, non inductives et privilégions les "comment" (avant, pendant et après l'action), car il importe d'abord de savoir ce que le candidat réalise réellement pour ensuite extraire ensuite les informations cognitives mobilisées à chaque étape de l'action (objectifs, connaissances, etc).

Plusieurs approches complémentaires sont possibles pour explorer vos acquis et organiser votre récit :
Nous en retenons principalement 3 :
1 - Les situations normales de travail - plans possibles - à explorer en fonction de chaque thématique recensée dans le référentiel du diplôme visé,
2 - les situations de changement et/ou la gestion de projet,
3 - Les situations problèmes et/ou de crise.

1 - Expériences en situation habituelle de travail (Les actions permanentes).
1.1 - Mise à plat descriptive avant l'analyse et la rédaction
.
Elles peuvent être décrites en partant de l'Organisation ensuite, par un effet de zoom avant, votre unité de travail, vos missions, activités et enfin des tâches les constituant.
Reprenons notre modèle de base et complétons-le en ajoutant de fines précisions révélatrices du niveau d'expertise du candidat. Souvent, ce sont les micro-opérations (indicatrices de vos talents) qui distinguent l'expert du débutant et interpellent le jury.


Ce n'est qu'après la réalisation de cet inventaire rigoureux des macros et micros processus, que vous interrogerez chacune des composantes pour dégager les informations satellites complémentaires qui donnent du sens et révèlent les relations entre vos acquis et le diplôme visé. Cet auto-questionnement montre au jury sur le niveau de vos connaissances pratiques, théoriques, procédurales, relationnelles issues de vos expériences. (Ref : pédagogie par étude de cas. Les cas sont issus de vos expériences)


1.2 - Différents plans sont possibles pour analyser ses acquis. Analyse :
- par types de compétence,
- par processus,
- par unités d'enseignement du diplôme visé
(regroupées par famille ou pas),
- en suivant la ligne de temps,
Illustration aux temps T1, T2, T3... :
Pour la tâche T1, quelles connaissances ai-je mobilisées ? En quoi le contexte influe-t-il sur T1 ? Quel est l'objectif principal de T1 ? Comment l'ai-je fixé ? Quelles informations dois-je recueillir ? Transmettre, lors de T1 ? Quelles étaient les contraintes et problématiques liées à T1 ? Quels furent les aléas rencontrés ? Qu'est-ce qui est le plus important pour concevoir et réaliser T1 ? Quel fut le résultat de T1 ?
,
- en suivant les flux d'information.


121 - Exemple d'analyse par compétences :
Le candidat à la VAE prendra soin de catégoriser suivant leur nature les compétences requises pour concevoir et réaliser les situations de travail qu'il a sélectionné pour expliciter ses acquis. Ces compétences sont autant de thèmes de réflexion à exprimer dans un chapitre du dossier de validation.

- par exemple, quelles sont les phases d'activités cognitives, métacognitives (c'est-à-dire relative à l'auto-interrogation du candidat sur les objectifs, sur les moyens à utiliser, sur les résultats à obtenir, sur caractéristiques des personnes...) et manuelles ? Quelles sont les phases d'étude, de fabrication, de services ?

- Quelles sont vos réflexions à propos de la définition des contextes et les enjeux, des objectifs stratégiques et fonctionnels, des études à mener, des recherches et analyses, des prises d'information d'entrée, des parties prenantes, des contrôles et évaluations, des activités administratives, des ressources, des outils, des tests, des initiatives, des plans d'action, de l'organisation, des contraintes, des risques, des problématiques significatives, des informations de sortie, des résultats, etc.

Ne retenez que ce qui a de la valeur au regard du diplôme visé. Demandez-vous : est-ce que l'information satellite recueillie est du niveau du diplôme ?
En effet, toutes les connaissances du candidat ne méritent pas d'être recensées. Celles qui sont déjà théorisées et reconnues par une certification du niveau requis sont simplement à noter sans approfondissement.
Par contre, les connaissances produites et organisées de manière pré-réfléchie par le candidat expert au cours de ses expériences sont repérées par l'accompagnateur compétent. Elles doivent être verbalisées et étudiées à fond. Ainsi, aucun domaine d'activité du candidat expert ne restera inexploré.


122 - Exemple d'analyse par processus :
Sélectionnez les processus de travail les plus en cohérence avec le diplôme visé et analysez-les en vous appuyant sur le schéma ci-dessous.




Ne commencez la rédaction de votre mémoire de validation que lorsque ce travail d'inventaire et d'analyse (la mise à plat) est achevé. Le candidat portera une attention particulière aux moments clés des situations de travail.

Identification des temps forts et faibles des activités :



Concluez en vous demandant : quels furent les retours d’expérience ? Revenez sur les objectifs prédéfinis pour les discuter. Faites les liens explicites avec le diplôme visé. A partir du niveau bac+5, le candidat fera une étude prospective.


2 - Exploration chronologique des acquis en appuyant sa réflexion soit sur le schéma directeur d'une gestion de projet, soit sur un processus de changement ou de gestion de la nouveauté (les missions ponctuelles, actions temporelles, variables).
Rédiger votre dossier de validation en suivant le schéma directeur recensant les étapes d'un projet. (Ref : pédagogie par projet)
- Connaitre
- Etudier, définir, programmer
- Agir, organiser, piloter
- REX, Faire évoluer
L'expérience peut être d'explorée dans le temps : tâches du projet au jour J-10, au jour J, au jour jour+10... (avant, pendant et après les réalisations). Le candidat portera une attention particulière aux moments clés du management de projet.
L'expérience peut aussi être décrite dans l'espace.
Concluez en revenant sur les objectifs prédéfinis du projet pour les discuter. Faites les liens explicites avec le diplôme visé.


3 - Exploration chronologique des acquis en appuyant sa réflexion soit sur le schéma directeur d'une gestion de crise, soit d'une situation-problème (les actions accidentelles).
Nous insistons particulièrement sur les déplacements de l'attention du candidat expert au fil du temps. Nous l'aidons ainsi à se concentrer sur sa propre activité cognitive (Posture réflexive, penser sa façon de penser, définition du chemin d'investigation).

Nous focalisons notre questionnement sur l'attention (sensibilisation), puis sur les intentions (appropriation), les études (l'exploration, la structuration), la mise en action (processus), l'auto-évaluation et les transferts.
Quels sont vos domaines d'expertise ? D'étude ?
Exemple de questions visant l'amplification interprétative :
- Quel est le facteur déclenchant qui a éveillé votre attention ? - Qu'avez-vous perçu immédiatement ? Qu'est-ce qui vous étonnait ? Qu'est-ce que vous ne compreniez pas ? Quels furent vos réflexes ?
- Quelles informations collectez-vous ? A quoi les avez-vous relié ? Quels sont vos indicateurs ? Comment savez-vous qu'ils sont pertinents ? Comment les interprétez-vous ?
- Qu'avez-vous alors recherché volontairement ? Quelles étaient vos intentions ? Quelle décision avez-vous prise ?
- Généralement, quand vous faites attention, à qui, à quoi faites-vous prioritairement attention ? Et ensuite ?
- Comment savez-vous qu'il faut faire attention à ce à quoi vous faites attention ?
- Puis, sur quoi et qui avez-vous attardé, maintenu et focalisé votre attention ? Dans quel but ? Pour vous informer de quoi ? Pour étudier quoi ? Que deviez-vous mémoriser ?
- Qu'avez-vous décelé ? Compris ? Quelle décision avez-vous prise ? Dans quelle intention ?
- Alors, qu'avez-vous décidé d'approfondir ? De contrôler ? D'évaluer ? Dans quelle intention ? Quelles informations avez-vous collectées ? Quelle décision avez-vous prise ?
- Par la suite, votre attention a-t-elle changé d'orientation ? Quand ? A la suite de quoi ? Dans quel but ?
- Quelle représentation aviez-vous du but à atteindre ?
- Quel était le contexte ?
...
A cette étape, vous pouvez rédiger votre dossier de validation en suivant les phases d'une résolution d'un problème. C'est la phase de focalisation interprétative. (Ref : pédagogie par problème)
...
- Quand avez-vous cessé d'être attentif ?
- Comment savez-vous que votre but est atteint ?
- Quelles leçons, tirez-vous de cette expérience ?
- De nouveaux objectifs ont-ils été définis ? Lesquels ?
- Avez-vous utilisé cette expérience dans d'autres circonstances ?

Décrire l'attention revient à décrire le contenu de l'attention, le mode de raisonnement et les stratégies du candidat expert.
Notez qu'au fur et à mesure du questionnement, les perceptions et les prises de conscience du candidat expert évoluent et sont de plus en plus guidées par la volonté.

Vous est-il déjà arrivé de gérer une situation-problème en sachant ni quoi faire ni comment ? Comment avez-vous identifié le quoi faire ? Comment avez-vous construit le comment faire ?

Le candidat portera une attention particulière aux moments clés de la gestion de la situation-problème. Concluez en vous demandant : quels furent les retours d'expérience ? Revenez sur les objectifs prédéfinis pour les discuter. Faites les liens explicites avec le diplôme visé.


Conclusion

L'accompagnateur, ne peut pas connaitre le domaine de compétence de l'expert aussi bien que lui (remarque concernant aussi le jury de validation), mais il doit savoir le questionner pour l'aider à exprimer, puis à structurer.
Notre stratégie de questionnement repose sur la connaissance des structures présentes dans toutes les actions humaines. Nous évitons les "pourquoi" et privilégions les "comment" et les questions descriptives. Nous nous appuyons sur les pré-réfléchis du candidat et sur les contenus implicites pour le relancer.

Il est donc inutile de recueillir seulement les résultats obtenus par le candidat. Le principal objectif des entretiens d'accompagnement est de décrire le déroulement de l'action ou toutes les étapes conduisant à l'accomplissement d'une situation de travail, à la résolution d'un problème.










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